mercredi 23 janvier 2008

[CONCERT]Elito Revé : un héritage bonifié








Chaque morceau d'Elito Revé est une tranche de vie. On y voit les Cubains dans leurs exploits quotidiens pour joindre les deux bouts. Ces problèmes d'argent ou de coeur qui se terminent par un pied de nez à la fatalité dans la musique et la danse -si intimement liées. Qui pourrait d'ailleurs dire qui de la poule ou de l'oeuf était là le premier à Cuba !

 Il y a aussi cette familiarité avec le public. Le partage immédiat. On n'est jamais dans la démonstration, mais dans le pique-nique sur la plage où on invite les promeneurs. Derrière ses faux-airs de Mike Tyson à l'étroit sur son ring, Elito Revé est un nounours de générosité. Sévère, humble, discrètement vigilant derrière l'héritage de son père; présence tranchante sur ses compositions. 1999 à l'ouverture, un cha cha millésimé 1967 écrit par Juan Formell, quelques éclairs du dernier album. "...Tiene salsa!". Elle a du chien. Effusion sonore comme une soucoupe paniquée au-dessus de la scène. Freskecito, au premier rappel, voilà pour l'essentiel du répertoire.

 Les musiciens ne sont pas en reste. Les chanteurs mettent en scène les images de la musique. Coincés entre un contrebassiste timonier et trois trombones qui épaississent les motifs à coups de vibrato, tout le monde chante. A croire qu'à l'école du Charangon, la règle est : pour être un bon musicien, il faut d'abord savoir chanter la musique qu'on a dans la tête.

Nées de la chaleur du public, des danseuses s'invitent dans un mouchoir de scène pleine de câbles et de micros-perches. Du coup, l'estrade paraît plus grande.
Elles parlent toutes le même langage brûlant de la salsa : celui des hanches malicieuses. La fête est complète. Deux rappels. Quelques mots sur le culturellement correct de Cubadoc, mais tout le monde a compris que les concerts présentés par cette association sont exceptionnels.

F.B  

dimanche 20 janvier 2008

[STAGE]Quand Yanet enlève le bas, le Studio fume du chapeau

  Après ce stage le nombre de déesses n’augmente pas sur la région, il faudra aller chercher ailleurs que chez Yanet Fuentes pour en comprendre la raison. Championne du monde, artiste complète, charismatique, cette jeune beauté fait des étincelles sur du Van Van séquencé au hachoir du reggaeton, et embrase le Studio Latino. Coup de grâce pour un week-end dédié à la grâce justement. Et à la musique cubaine. Avec DJ javier et ses perles rares. Au passage : le prochain album des Van Van est une véritable tuerie (on en reparlera dans ces colonnes).

  Dans la salle à côté, le mambo fait peau de chagrin. On dirait que sa musique n’en finit pas de mourir ! Où était les danseurs ? Ils manquaient pour que la fête soit parfaite. En tout cas, on peut mentionner le passage d’un anonyme exceptionnel. A l’aise sur les deux styles,  omniprésent dans les deux salles et porteur de l’esprit de la fête.

 Le week-end n’est pas finit. Domingo au Tian. Tapas au café Joseph avec la conférence de presse d’Elito et concert sur la rampe de son dernier album mardi soir.

F.B

mardi 8 janvier 2008

[ASSOCIATION]Trois questions à Hector de Cubadoc



F.B : Ola ! Hector. Quel sont tes projets pour 2008 avec ton assos Cubadoc ?

 Hector : Ola ! Fred. Pour cette nouvelle année : continuer à développer la culture cubaine à Montpellier surtout, mais aussi en France.

Ce développement va se concrétiser en deux axes :

-       une programmation régulière de concert ;

-       un festival cubain les 13, 14 et 15 juin.

F.B : Toi qui est Cubain : quel regard portes-tu sur la salsa à Montpellier ?

Hector : En tant que Cubain, je pense que la salsa est devenue ici une danse familière. Le nombre de danseurs ne cessent d’augmenter et sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à la culture de mon pays.

Il reste, avant tout,  beaucoup d’efforts à faire au niveau de la pédagogie et de l’information. Il ne faut pas oublier d’où vient la salsa, ce qu’elle nous apporte et nous procure.

 En tout cas, pour moi, la musique cubaine reste mon psy !

 F.B : Si tu devais résumer 2007 en quelques mots, que dirais-tu ?

 Hector : L’année 2007 a été pour Cubadoc et moi, le début d’une grande aventure culturelle et musicale. Et je tiens à remercier tous ceux qui nous ont aidé.

Propos recueillis par Frédéric berthezène.

F.B 

lundi 7 janvier 2008

[BIRDLAND]Juan Formell &Jaco Pastorius: connivence de bassistes



Los Van Van -Tim Pop con Birdland- (Juan Formell, Mayito Rivera...)



Weather Report-Birdland live in 1978 at Stadthalle Offenbach concert in Germany (Joe Zawinul, Jaco Pastorius...)

F.B

dimanche 6 janvier 2008

[NÎMES]Le cabaret Mistinguett ou la salsa à l'étuve

Faire la fête dans l’atmosphère tropicale d’un cyclone est désormais possible à Nîmes. Au cabaret Mistinguett à la périphérie de la ville. 

Façade aux dessins géants style Jacques Faizant époque Jours de France. Intérieur rose tout aussi sérigraphié, scène en surplomb, plafond haut, brasserie terrasse parisienne. 

 Difficile de ne pas adhérer de suite à la piste, mais bonne nouvelle pour les rotules : le sol entre rapidement en nage pour se transformer en patinoire. Du coup, les tours multiples se savonnent de leurs difficultés.

 Un enthousiasme de coups ponctue chaque passage sur la piste jamais vide. Personne ne fait tapisserie –la moiteur torride décollerait n’importe quoi. L’angle est d’instinct le côté populaire de la fête du corps. C’est que Nîmes à la feria de la salsa dans le sang. Brumisante leçon pour les montpelliérains.

 L’ambiance fédère spontanément et assujettie la musique plutôt commerciale. Succession de dj’s ; un bricolage de couleurs et de rythmes irrésistibles. Ça ne s’arrête jamais. Zouk, bachata, merengue jusqu’au kudur pour relancer le tourbillon.

 Seconde soirée essorage, le mois prochain. Des concerts sont prévus. La tornade Andy va aspirer du montpelliérain en 2008.

Pour en savoir plus : http://www.cabaret-mistinguett.fr/

F.B

mardi 1 janvier 2008

[AIR CONDITION]Salsa et tabac : cessez le feu !


La salsa tourne la page de la cigarette dans ses soirées

31 décembre 13:40 - PARIS (AFP) - La France entame l'année 2008 sous le signe de la lutte contre le tabac, avec l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer dans tous les bars, restaurants et discothèques, sitôt passée une période de "tolérance" de 24 heures pour le réveillon du Nouvel An.

 Première bonne nouvelle. Même si à l’aéroport José Marti de La Havane et dans la plupart des casas de la trova on fume comme des pompiers. Même si cigare et salsa dansent bras dessus bras dessous à travers leur histoire. Et même si les buralistes terminent au chômage, il n’y aura pas d’aménagement spécifique pour s’en griller une en soirée – pas même dans les toilettes. Roselyne Bachelot ne souhaite pas fumer le calumet de la paix avec les syndicats hôteliers.    

 La cigarette personae non grata. À moins que, sous la pression des lobbies, des bureaux de tabacs ouvrent des pistes de danse. On imagine la suite : soirées cendrier dress code nicotine ; une cartouche achetée une pipe offerte ; full patch réduit pour la nuit du poumon si inscription cent paquets à l’avance ;  ou encore : soirée porte ouverte pour la journée mondiale contre le  tabac.

 Mais pour le moment, on va enfin respirer dans les soirées sans filtres. Merci à notre très prisée ministre de la santé.

F.B

[EDITO] 2008 : le saut dimensionnel


Des chemins de traverse, aux expériences musicales inspirées, en passant par l’engouement pour la salsa attitude, Montpellier trouve La rampe de lancement adéquate.

Deux premiers congrès réussis. Le festif Connexion cubana et le luxueux Salsa and the City. Un point d’orgue : Fiesta Latina, le grand frère de Sète. Voilà deux moteurs de fusées supplémentaires pour propulser définitivement notre région parmi les villes qui donnent chaud.

Parallèlement à ces événements, 2007 a été marquée par une inflation de soirées qui commence à se stabiliser. Une rafraîchissante vague de nouveaux pratiquants. Un concert par mois depuis la rentrée. Avec un exploit : la seule date en France de l’enfant chéri de Cuba, Maikel Blanco. Des stages de haut niveau. Un forum qui enfle. Plusieurs sites et un blog.

Question style : la cubaine poursuit sa domination à l’image de la vitalité que lui transmet sa production musicale actuelle. Le mambo progresse pianissimo, mais sûrement.  À la poursuite de ses lettres de noblesse.

Certains lieux tirent leur épingle du jeu. Stupéfiante percée du Zèbre Bleu -le cocktail parfait de l’été. Vrai départ pour la soirée mensuelle du Studio Latino. Le Boston de Nîmes carbure à l’enthousiasme.  

Pour 2008, la barre est haute. Pas impressionnante puisque déjà Cubadoc annonce le plus gros pari de l'année :  Cuba à Montpellier, les 13, 14 et 15 juin.  Les salseros peuvent déjà voter en ligne leur dream stage, parmi les dix formations musicales majeures de la scène internationale. Pupy, Manolito, les Van Van, El médico, Paulito FG, Maikel Blanco, Adalberto Alvarez, etc. Un choix cornélien que les organisateurs préfèrent partager avec le public.  Masters class, stages, concerts, cours ; de quoi s'écarquiller les oreilles. 

 En mars, Dance Connexion  organise le premier festival global en France de danses de couples. La salsa y tient la tête d’affiche avec la venue d'un des frères Vasquez. 
Et pour commencer l'année : Elito Revé présente son dernier album le 21 janvier -conférence de presse et concert. 
 De grosses surprises sont programmées parmi d’autres projets explosifs qui s’impatientent ; Salsamag vous tiendra au courant de leur mise à feu.

 Il est évident qu’une étape vient d’être franchie. Reste à savoir si le succès consacrera toutes les initiatives. Ceux qui ont placé leurs pas sur le rythme chaloupé de la clave, dix ans auparavant, renvoient l’ascenseur aujourd’hui. L’armature semble solide, la motivation et la compétence bien trempées, mais où en est la demande ? Et l’inévitable crise de croissance ? Pour le moment, ce n'est pas le soucis : on ajustera plus tard.  L'année promet d'être palpitante.

Salsamag présente tous ses voeux de réussite aux acteurs et bonheur sur les pistes aux salseras et salseros du 34.

F.B